DJ M&S
Votre DJ à Strasbourg
Votre DJ à Strasbourg
31/03/12
À l’initiative de Cassandre Dagon, trois stylistes régionales ont présenté leurs collections dans le cadre d’une hot-soirée, en compagnie de nos effeuilleuses locales, Coco Das Vegas et Luna Moka : Claire Brandin, Mousseline & Chou D’Amour.
Pour le passage de Poupet Pounket, une quinzaine de titre (il n’en manque qu’un seul ici : Eddie Cochran, That’s My Desire) pour une ambiance glamour entre pépites 50′s et psyché-rock. DJ M&S était aux platines !
En photo, la sublimissime Nathalie : elle souhaitait quelque chose de plus punchy que Lydia Lunch et son suggestif Lady Scarface. À la volée on lui a suggéré X-Offender de Blondie, un morceau fétiche. Elle a préféré bouger sur ce titre-là, on la comprend…
À signaler une invasion de la Salamandre par les Pétasses d’Alsace de nos chères Estelle Specklin aka Poupet Pounket et Marianne Maric au son de Vicious de Lou Reed et de Rock Lobster des B-52′s…
26/10/10

Le 24 octobre se tenait le salon Creativa à Strasbourg. Les équipes de coiffure des salons Kraemer étaient présentes pour un show comme elles en ont le secret : coloré, catchy et avant-gardiste. Sous la houlette de Thierry Jochum du salon des Serruriers, les coiffeurs étaient invités à faire preuve de savoir-faire et de créativité, dans un esprit pop, voire un tantinet punk.
Il ne restait plus qu’à trouver la bande-son pour la performance. Le petit cahier des charges que nous nous étions fixés avec Thierry était le suivant : des nouveautés, mais qui restent accessible aux oreilles du grand public – exit M.I.A., dont le Born Free pourtant prisé par la marque The Kooples a été jugé un tantinet agressif.
Le choix s’est porté sur des morceaux electropop, dont certains dans des versions remixes bien senties ; l’occasion pour moi de réactiver le remix d’Ewan Pearson du classique de Depeche Mode, Enjoy The Silence, que j’enchaine avec LCD Soundsystem ; l’occasion également de lancer le nouveau Ting Tings, Hands, une ritournelle pop mid-80′s très FM qui devrait faire un carton sur les ondes et les dancefloors de la planète toute entière…
La set-list du show Kraemer :
Gossip, Heavy Cross [Burns Remix]
Röyksopp, This Must Be It [This Could Be Thin White Duke Remix]
LCD Soundsystem, I Can Change [Excerpt]
Depeche Mode, Enjoy The Silence [Ewan Pearson Extended Remix]
The Ting Tings, Hands
Gossip, Love Long Distance
Tonalité d’ensemble : electropop avec réminiscences new wave
Durée : 30′
18/09/10
J’évoquais récemment l’importance du DJ-Bag. À l’ère des disques durs externes, pourquoi s’embarrasser ? Et surtout pourquoi reconstituer ce qui peut sembler immuable, la liste des titres potentiels ? La réponse tient dans le fait qu’il s’agit pour le DJ de se projeter dans la soirée qui vient, qu’il est nécessaire pour lui de se renouveler et anticiper les ambiances possibles.
Là, en l’occurrence, il s’agit d’une soirée très ouverte : l’inauguration du nouveau Maillon Hautepierre, en clôture d’une soirée “cirque” organisée par les Migrateurs. Notre radio (www.flux4.eu) est partenaire, et Olivier Legras m’a sollicité pour “mettre le feu” à la soirée – vu l’histoire récente du Maillon Hautepierre, on va surtout se contenter de bien faire danser les gens ! Olivier sera à la vidéo – je me réjouis de découvrir ses images sur mes sons – et moi, je serai aux platines !
Pour avoir mixé au Maillon à l’occasion du festival Premières en 2008, je sais que tout est possible, les publics étant diversifiés, mais surtout prêts à faire la fête. Nous serons rejoints par les compagnies libérées de toute contrainte. Je sais que tous ceux qui sont liés à une quelconque activité artistique, les acteurs et actrices par exemple, font d’excellents danseurs et danseuses, expressifs à souhait, alors j’imagine des acrobates.
Pour parer à toute éventualité, la proposition est élargie. En vrac, des compilations punk (No Thanks !, excellent coffret 4CD chez Rhino), les Sex Pistols, The Clash, Iggy Pop, David Bowie, Blondie, The B-52′s, Talking Heads, The Sparks, The Rolling Stones, The Cure, U2, The Doors, The Who, mais aussi Sonic Youth, Primal Scream ou The Strokes, pour des séquences rock endiablées. Sinon, James Brown, Aretha Franklin ou Prince et les classiques de la soul et du funk. Du reggae, du dub, des musiques du monde avec Tinariwen, Rachid Taha, Natacha Atlas (c’est drôle, elle m’avait avoué un jour que Rachid l’avait draguée, moi je les accouple volontiers). Et puis, naturellement des choses bien plus contemporaines : Gossip, The Ting Tings, Tricky, le dernier M.I.A., le sublime LCD Soundsystem, !!! (chk chk chk), Eli ‘Paperboy’ Reed, Alice Russell, Justice, Yuksek, etc. La soirée s’annonce longue, elle sera belle !
1/09/10
Un set dans le cadre tout à fait incroyable de l’Hôtel Colosseo à Rust (Europa Park), en Allemagne, le 28 septembre dernier : 150 invités, une fête qui a duré jusqu’à près de 7 heures du matin…
Un challenge : faire claquer les guitares, tout en gardant une sensualité soul.
The Rolling Stones vs James Brown ;
U2 vs Marvin Gaye ;
The White Stripes vs Beyoncé…
Et puis, une demande, quelques horas – entendez des chants traditionnels interprétés lors de fêtes juives : Hevenu Shalom, Mazel Tov ou Havah Naguila.
Une grande réussite et de beaux moments d’unité, avec notamment un instant d’émotion autour de Ya Rayah, dans sa version Rachid Taha.
Une petite faute de goût cependant : une tentative de medley hasardeuse sur Abba, Dancing Queen enchainé avec Voulez-Vous. Mea Culpa Abba, je ne le ferai plus…
30/08/10
Une constante pour un DJ : l’instant où le danseur potentiel vient consulter son DJ-Bag (entendez, son sac de DJ).
Il y a une forme d’intimité dans un DJ-Bag pour le DJ. À l’égal de la planche contact pour le photographe, il s’y livre un peu. C’est sans doute ce qui explique que de plus en plus les DJ’s dissimulent à leur manière le contenu de ce DJ-Bag. On le sait, la tendance est même à la suppression du DJ-Bag au profit de disques durs externes aux capacités infinies – une manière de se rassurer – qui prive les DJ’s d’un instant essentiel et positionnant : la préparation du DJ-Bag.
Naturellement, pour des raisons de confort, bon nombre d’entre eux optent pour un flight-case en guise de DJ-Bag qui contient l’ensemble de leur proposition discographique, mais comme on n’anime pas un mariage comme un anniversaire, ni un défilé comme un repas d’entreprise, il est bon de s’interroger sur les disques qu’on va apporter avec soi.
C’est là qu’on découvre les manies du DJ : il y a forcément les disques qu’il va passer, il y a ceux qu’il est susceptible de passer, il y a ceux qu’il aimerait lancer pour une première programmation – la nouveauté du soir – et puis il y a tous ceux qui sont là à titre de gris-gris pour implorer les Dieux du dancefloor et éloigner le mauvais sort – je ne citerai pas d’exemples, mais des DJ’s superstitieux, il en existe plus qu’on ne l’imagine !
Et puis, il y a la perspective de ce danseur égaré, qu’on retrouve à errer aux abords du DJ-Bag. C’est un sérieux client celui-là, il faut le satisfaire de suite, et donc le mettre en face de ce fameux disque dont il est en quête sans s’en douter lui-même.
L’anecdote, je l’ai vécue il y a peu de temps : un petit gars qui faisait plus que son âge est venu me voir pour consulter mon DJ-Bag. La question est rituelle : “je peux ?” Et hop de fouiner dans le DJ-Bag. J’accepte toujours avec un certain plaisir, et en même temps je ne facilite pas la tâche : pas facile de sortir les disques, ils sont classés et répartis de manière serrés. On touche donc avec les yeux ! Et là mon petit gars qui me signale :
- Chouette du Michael Jackson !
- Oui, et en même temps, j’en ai déjà programmé trois, en comptant les Jacksons 5 ! (De mémoire, Billie Jean, Thriller et I Want you back)
- Alors du Prince !
- Heu… idem, avec au moins trois titres ! (Kiss, Raspberry Beret et Controversy) Mais il y a toujours la possibilité Sexy M.F., sans doute le plus dansant des titres de Prince !
Là, il repère les Clash et je me dis que le fouineur en question devait bien être distrait pour ne pas reconnaître The Magnificent Seven ou Should I Stay Or Should I Go. On s’accorde finalement sur un Jimi Hendrix, et même si son choix se portait sur Fire ou Stone Free – pas franchement fédérateurs, on l’admettra volontiers –, il se satisfera d’un Hey Joe très évocateur pour l’assistance…
Le DJ-Bag a donc cette double fonction de permettre au DJ de se montrer réactif par rapport à la demande éventuelle du public – en cela, je le répète, il se prépare de manière particulière en fonction de l’animation. Et puis, visuellement, il ouvre une porte sur la programmation en cours ou à venir, avec cet effet très rassurant pour les danseurs qui viennent à sa rencontre.
Echantillons (et gris-gris divers) du DJ-Bag d’un soir : Prince, Sly & The Family Stone, James Brown, The Clash, Jimi Tenor & Kabu Kabu, Jimi Tenor & Tony Allen, Aretha Franklin, Eli “Paperboy” Reed, Lee Fields & The Expressions…
22/08/10
Il est le Godfather of Soul, adulé par deux disciples qui ont cherché à se disputer son héritage, Prince et Michael Jackson, mais son talent reste inégalé. James Brown a imposé un style, le funk, qui se démarquait de la soul et du rhythm and blues. Il a traversé les 60’s en maître parfois isolé, loin des sucreries Motown, avec des hits tels que Papa’s Got a Brand New Bag, I Got You (I Feel Good) en 1965 et Cold Sweat en 1967. À la fin de la décennie, dès 1968 et plus encore en 1969, il enrichit des orchestrations qui assurent une meilleure fusion des cuivres, guitare, basse et batterie. En 1970, il lance ses premiers enregistrements avec sa nouvelle formation, The J.B.’s. Il ne lui manque plus que l’hymne qui va définitivement l’installer au firmament des artistes noirs de la décennie qui débute. C’est Get Up (I Feel Like Being a) Sex Machine.
Tout le monde connaît l’introduction parlée : “Fellas, I’m ready to get up and do my thing! (Yeah! That’s right! Do it!) I want to get into it, man, you know? (Go ahead! Yeah!) Like a, like a sex machine, man, (Yeah!) movin’, doin’ it, y’know? (Yeah!) Can I count it off? (Okay! Alright!) One, two, three, four!”
Pour des questions d’enchaînement, les DJ’s ont tendance à occulter cette intro, et ils ont bien tort ! Généralement, les danseurs s’arrêtent, attendent comme pour reprendre leur souffle avant de s’attaquer au marathon rythmique que ce morceau leur impose, quel que soit la durée choisie, 3’31 (version a-side du single), 5’16 (version cumulée a et b-side du single), 10’33 (version undubbed). Personnellement, j’alterne les versions, avec toutefois une affection particulière pour la version longue qu’on trouve sur la compilation Funk Power 1970 : Brand New Thang. Au-delà de la durée, sa vitesse légèrement augmentée, sa sécheresse rythmique (le décharnement poussé à l’extrême autour des frères Bootsy et Catfish Collins, respectivement à la basse et à la guitare) et sa force charnelle en font un must-dance très très apprécié sur le dance-floor.
Le morceau reste aujourd’hui encore emblématique d’une époque qui affirme la liberté sexuelle, et au-delà de cela, la liberté sociale, politique et intellectuelle. Chaque pas de danse se doit d’être le rappel de cette affirmation-là ! Même si le slogan, à la forte connotation sexuelle, a été épuisé par Nike, le mot d’ordre reste : Do It!
La version undubbed de Get Up (I Feel Like Being a) Sex Machine de James Brown en écoute dans la playlist “New York Crossover”
22/08/10
Peu de gens le savent, mais Tainted Love, généralement attribué à Soft Cell est la reprise d’une chanson écrite par Ed Cobb, membre de The Four Preps, et enregistrée en 1964 par Gloria Jones – une artiste soul américaine émérite, qui finit par rejoindre Marc Bolan et T.Rex dès 1969 pour jouer du piano électrique, le fameux clavinet si cher à General Elektriks, et interpréter les backing-vocals. C’est malheureusement elle qui conduit l’Austin Mini dans laquelle meurt Marc Bolan le 16 septembre 1977. Ne bénéficiant que des 10 000 £ que lui a léguées la star britannique, avec qui elle n’était pas mariée, mais avec qui elle a eu un fils, Rolan, elle rentre à Los Angeles en 1978.
Tainted Love, publiée en 1965 en face B d’un single n’avait connu de succès ni aux Etats-Unis, ni en Angleterre. Gloria Jones avait tenté un nouvel enregistrement de la chanson en 1976 sur l’album Vixen, sans plus de succès.
C’était sans compter l’excellente initiative de Soft Cell. Constitué de Marc Almond et Dave Ball, deux étudiants qui se sont rencontrés à l’Université Leeds Polytechnic en 1978, ce duo new wave sort une poignée de singles synthétiques, Memorabilia, avant de s’attaquer à la reprise de Tainted Love dès 1980 (la démo est encourageante, dans un style minimaliste et décharné, qui maintient un beat syncopé).
Produit par Mike Thorpe (Soft Machine, John Cale, Wire…), le single sort en 1981 et atteint rapidement la première place des charts dans 17 pays. La face B comprend Where Did Our Love Go des Supremes, ce qui prive le duo des sommes substantielles que les royalties d’un original en face B auraient pu lui rapporter – un regret rétrospectif légitime pour les deux membres.
Quoi qu’il en soit, la version maxi regroupe les deux morceaux dans un medley de près de 9’ (8′ 58 pour être précis) qui a fait la joie des danseurs sur les pistes de danse au cours de l’été 1981 et une bonne partie de l’année 1982. C’est bien cette version qu’on entendait dans les boîtes strasbourgeoises, mais aussi à la patinoire, la version courte étant privilégiée en radio ou dans les jukebox.
Aujourd’hui, ce classique des séries new wave s’enchaîne aisément, quel que soit le style du morceau qui précède, mais il est sans doute bon de le proposer en fin de soirée dans sa version longue, après une série très dansante. Il installe le danseur ou la danseuse dans une forme de langueur intéressante : une sorte de faux rythme mécanique très soul qui offre sa part de suavité. Une fois la surprise de la durée admise, les déhanchés s’adaptent naturellement, de nouveaux mouvements sont testés sur la piste et les corps se parlent différemment sur les “bink bink” répétés à intervalle régulier.
30/07/10
Quand l’album Autoamerican sort en novembre 1980, la Blondiemania est quasi mondiale. En moins de deux ans, Debbie Harry et ses compagnons ont conquis les Etats-Unis, le Royaume-Uni et toute l’Europe. Une poignée de singles, Heart of Glass, Dreaming, Atomic, mais aussi Call Me, ont confirmé l’impact de ce groupe construit sur la base d’un concept simple : une pin-up blonde, sexy mais futée, des ritournelles disco ou new wave imparables et une esthétique pop d’inspiration 60’s.
Né de l’underground new yorkais, Blondie règne en ce début de décennie, au même titre que The Clash ou The Police, et entraine à sa suite tous les groupes new wave qui enchaînent les hits, Talking Heads, The B-52’s, XTC, provoquant ainsi un véritable changement d’époque.
En cette fin d’année 1980, l’album envahit les bacs des disquaires, mais le single The Tide is High – une reprise reggae des Paragons de John Holt, également auteur de Man Next Door (sous le titre I’ve Got to Get Away), repris par Massive Attack – ne s’impose pas en France. Les radios privilégient la diffusion de Rapture.
J’ai le souvenir d’avoir enregistré un bref extrait sur K7 et je rembobinais indéfiniment le passage rappé par Debbie Harry. Mon écoute restait vierge – je n’avais jamais entendu de rap de ma vie –, et en même temps j’avais conscience de quelque chose de tout à fait exceptionnelle, hors-temps. La voix de Debbie me semblait immatérielle, irréelle. Aujourd’hui encore, elle reste chargée de la sensation première de l’instant de sa découverte.
Ce hit inspiré par Chic, le célèbre groupe disco, dont s’est rapproché Chris Stein, compagnon de Debbie Harry, compositeur et guitariste de Blondie, est finalement publié en janvier 1981. Il est le premier hit à comprendre un passage rap qui atteint la première place aux Etats-Unis, faisant ainsi suite au succès de Rapper’s Delight de The Sugarhill Gang l’année précédente. Il est également le premier morceau de ce nouveau genre musical à être diffusé sur MTV, la chaine étant encore peu encline à programmer des artistes de couleur. Il rend également compte du bouillonnement culturel de Big Apple, les artistes hip hop, les grapheurs y sont mentionnés, Fred Brathwaite alias Fab Five Freddy, Grandmaster Flash – « Flash is fast, Flash is cool ». La figure de Jean-Michel Basquiat, artiste ami du couple Harry-Stein n’est pas très éloignée non plus.
En soirée, Rapture constitue un bonus classieux, notamment dans sa version très prisée, Special Disco Mix, d’une durée de 10’00, avec moult percussions overdubbed. Méfiance : le succès sur la dancefloor n’est pas garanti, le titre n’étant le plus immédiat de Blondie, mais amené avec doigté – notamment avec le Good Times de Chic, ou tout autre titre disco-rap new yorkais, Rapper’s Delight de The Sugarhill Gang ou Last Night A DJ Saved my Life d’Indeep, il peut donner une toute autre dimension à votre set. Un mash-up existe : Rapture vs The Riders on the Storm des Doors ; publié non officiellement, il a été rajouté à la compilation de Blondie, Sound and Vision.
La version Special Disco Mix de Rapture de Blondie en écoute dans la playlist “New York Crossover”
29/07/10
En 1982, ça n’est pas la new wave qui domine en discothèque, mais l’électro-funk. La disco a été balayée, et au tout début des années 80, les sonorités électroniques viennent vivifier une production déclinante d’une myriade d’artistes qui oscillent entre soul-funk essoufflée et disco décadente. C’est dans ce contexte qu’apparaît un trio féminin new-yorkais, The Flirts, qui va faire la joie des dancefloors durant toute une année. Andrea, Holly et Rebecca explorent une forme de dance-music tout à fait nouvelle, qui lorgnent du côté la new wave tout en gardant une puissance Hi-NRG et un background ouvertement funk. Après un premier succès plus confidentiel, Jukebox (Don’t Put Another Dime), elles vont se révéler aux oreilles du grand public avec Passion.
À Strasbourg, les jeunes gens vont au Studio 80, une boîte peu regardante sur l’âge de son public et qui organise des après-midis les dimanche à destination des moins de 18 ans. On ne peut dissocier l’ambiance de cette discothèque, située Grand’Rue – à l’emplacement du Norma, aujourd’hui –, et le souvenir qu’on a de Passion, diffusé systématiquement dans sa version club. Les P.A.S.S.I.O.N constituaient un instant très prisé par le jeune public qui n’hésitait pas à les reprendre en cœur, avec ce sentiment d’une vraie modernité.
Le hit a figuré sur de nombreuses compilations new wave, et c’est peut-être malheureusement ce qui explique qu’il est aujourd’hui occulté – d’où son statut de hit culte. En effet, si les sonorités renvoyaient au meilleur de groupes électroniques pionniers tels que Section 25 en Angleterre, l’orientation restait funk, donc véritablement à destination d’un public de danseurs. Le public new wave ne découvre la dance-music qu’avec New Order – les hits Confusion et naturellement Blue Monday en 1983. The Flirts arrivent presque trop tôt, avec un propos visionnaire à rapprocher du succès de Funkytown par Lipps Inc. Et puis, 1983, c’est naturellement la publication de Thriller de Michael Jackson, véritable ras-de-marée crossover qui balaie tout sur son passage et qui, au lieu de fédérer, renvoie chacun chez soi, les amateurs de funk d’un côté, les fans de new wave de l’autre, pour finalement imposer de nouveaux modèles sur la base de rythmiques hip hop et r’n'b. On s’en rend compte, on a perdu de vue The Flirts et c’est exactement ce qu’il s’est passé en temps réel, renvoyant leur hit Passion aux oubliettes radiophoniques et l’éloignant des dancefloors.
Aujourd’hui pour un DJ, Passion est un vrai plaisir qu’il faut savoir apporter avec un brin de malice à un public de danseurs en quête de sensualité, à un moment privilégié, plutôt en fin de soirée ou en tout début de matinée.
En le programmant, vous pouvez avoir le sentiment de réparer une injustice et surtout de permettre au public de découvrir une perle – un hit vintage qui garde toute sa force de suggestion – que les danseurs auront du mal à situer dans le temps. Nul doute qu’au loin, vous risquez d’entendre un P.A.S.S.I.O.N. susurré et avisé, auquel répondra un PASSION beaucoup plus masculin, marquant un consentement enthousiaste.
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Pour l’anecdote, à Strasbourg, les kids enregistraient les charts sur Radio Action CGT pour pouvoir alimenter leurs K7 audio et leurs futurs soirées entre amis. Contrairement à aujourd’hui, les morceaux étaient souvent diffusés en entier, sans prise de parole ni publicité, ce qui était appréciable pour les enregistrements. J’ai même le souvenir d’une recommandation d’époque : “Mes très chers auditeurs, dans quelques instants, Passion par les Flirts. Préparez vos K7 !”
La version intégrale de Passion des Flirts en écoute dans la playlist “New York Crossover”
30/06/10
Pour l’été, une sélection vivifiante construite sur la base de hits à mi-chemin entre disco, funk, hip hop et pop !
Des classiques à découvrir dans leurs versions club originales !